Un 3e mandat pour Abdelaziz Bouteflika en 2009 en Algérie?
Le président Abdelaziz Bouteflika, 70 ans, est pressé par ses alliés de solliciter un troisième mandat à la tête de l'Algérie, ce qui supposerait de modifier la Constitution algérienne.
Depuis le règne sans partage de Houari Boumedienne dans les années 1960 et 1970, Bouteflika apparaît comme le chef de l'Etat algérien qui a le plus imprimé sa marque à son pays.
Il a ainsi réussi, malgré les attentats islamistes qui frappent encore le pays, à stabiliser l'Algérie en la sortant d'une guerre civile qui n'osait pas dire son nom dans les années 1990 et à la réintroduire sur la scène politique internationale après des années d'isolement.
Mais le combattant de la guerre d'indépendance contre les Français et l'ancien ministre des Affaires étrangères de Boumedienne est critiqué par ses adversaires qui lui reprochent des penchants autocratiques, son refus de toute opposition et son incapacité à réduire le rôle du secteur public dans la vie économique du pays, considéré comme un frein à la croissance.
Ce mois-ci, plusieurs groupes liés au Front de libération nationale (FLN), l'ancien parti unique, ont appelé le chef de l'Etat à réformer la loi fondamentale afin qu'il puisse se présenter à un troisième mandat en avril 2009.
Les partisans du président jugent cette initiative indispensable pour permettre la poursuite de la relance économique, qui s'appuie sur l'envolée sur les cours du pétrole et du gaz et a permis ces dernières années la construction de logements, de routes, d'écoles, d'aéroports et d'universités.
"AUX ALGERIENS DE DECIDER"
Les adversaires du président, eux, prônent une approche entièrement nouvelle, estimant que les limitations imposées à la vie politique et le maintien d'une économie trop dirigiste n'ont fait qu'aggraver le malaise social, terreau qui favorise l'extrémisme islamiste à l'origine des sanglants attentats suicides de cette année.
"Nous le poussons pour qu'il puisse se présenter une troisième fois", explique le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem, relayant les appels de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), la puissante fédération syndicale, de l'Union nationale des paysans algériens (UNPA) et de l'Union nationale de la jeunesse algérienne.
Ces trois organismes ont mis en place un comité commun pour permettre la réélection du président en 2009.
Pour le chef du gouvernement, la Constitution n'est pas adaptée aux nécessités actuelles, ni à une société émergeant de dix ans d'une guerre civile qui a fait 200.000 morts.
Bouteflika a lui-même ouvert le voie aux spéculations sur son désir de briguer un nouveau mandat quand il a annoncé l'an dernier son intention d'organiser une référendum sur une réforme de la Constitution - sans préciser toutefois la nature de cette réforme.
En mars dernier, au journal espagnol El Pais qui l'interrogeait sur un éventuel troisième mandat, il répondait: "c'est aux Algériens de décider".
L'ancien Premier ministre Mouloud Hamrouche, qui pourrait briguer la présidence en 2009, estime pour sa part que "modifier la Constitution est simplement un moyen d'éviter un débat sur la démocratie" en Algérie.
Pour de nombreux commentateurs, une nouvelle candidature de Bouteflika est très probable.
"Vraiment, je ne vois pas qui pourrait s'y opposer au sein de la coalition gouvernementale. Je suis presque sûr que Bouteflika sera le prochain président", déclare Mahmoud Belhimer, rédacteur en chef du quotidien à grand tirage El Khabar. "Est-ce que c'est bon pour la démocratie? Pas du tout", ajoute-t-il.



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