Tunisie: le procès du groupe armé salafiste renvoyé au 15 décembre
TUNIS - A la demande de la défense, le tribunal de première instance de Tunis a renvoyé samedi au 15 décembre le procès du groupe armé de présumés "salafistes djihadistes" impliqués dans des affrontements meurtriers avec les forces de l'ordre tunisiennes, a-t-on appris samedi auprès de l'un des avocats, Me Samir Ben Amor.
Les accusés avaient été arrêtés à l'issue d'accrochages qui avaient fait fin décembre 2006, début janvier 2007, notamment à Soliman, à 35km de Tunis, 12 morts parmi les membres du groupe armé. Les forces de sécurité avaient perdu un militaire et un agent de police, en plus de trois blessés.
Sur les 30 prévenus, 29 encourent la peine capitale. Ils devront répondre notamment de "complot contre la sûreté de l'Etat", "tentative d'agressions dans le but de renverser le régime" et "incitation de la population à s'entre-tuer", selon Me Ben Amor qui se réfère à l'acte d'accusation.
Les inculpés qui se réclament d'une organisation baptisée "Soldats d'Assad Ibn Al Fourat", du nom d'un chef de guerre arabe, sont en outre accusés d'appartenance à une organisation terroriste à laquelle ils auraient procuré des armes, des explosifs, des munitions et autres produits et matériels. Le trentième prévenu, Zouhaïr Jridi, sera jugé pour non divulgation d'informations sur la préparation d'actes terroristes sur le mont d'Aïn Tbornok, à plus de 30km de Tunis.
Son frère Makram a été tué lors des affrontements, tout comme le chef du groupe Lassad Sassi, qui avait combattu en Afghanistan avant de rejoindre le maquis du GSPC algérien (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu récemment Al-Qaïda au Maghreb islamique -AQMI).
Lors de l'audience de samedi, 28 accusés se sont présentés à la barre. Selon une source judiciaire (officielle), les deux autres ont refusé de se rendre à la salle "sous prétexte qu'ils n'ont pas reçu la visite de leurs avocats", une raison réfutée par la même source.
L'audience a, par ailleurs, été marquée par des altercations entre le président du tribunal Mehrez Hammami et plusieurs avocats. Ceux-ci ont énergiquement protesté contre la désignation d'office par le juge de conseils pour des prévenus qui n'en avaient pas, une procédure qu'ils ont jugé non conforme à la loi régissant la profession d'avocat.



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